Dégraissage industriel

Élimination des huiles, graisses et suies tenaces sur sols, machines, structures et hottes, par voie chimique, vapeur ou projection, selon le support et l’accès.

  • Sols souillés d’huile et de lubrifiant
  • Bâtis, carters et structures métalliques
  • Charpentes et gaines encrassées
  • Hottes, plénums et conduits d’extraction
  • Cuves, bacs et réseaux
Fréquence
TrimestrielSols et postes selon l’activité ; structures et hottes selon un plan (mensuel à annuel) ; dégraissage lourd lors des arrêts.
Difficulté
SpécialiséÉquipement, formation ou habilitation nécessaires.
Intervenant
ProfessionnelProduits actifs, effluents à traiter, travail en hauteur et en espace confiné, risque incendie sur les graisses cuites : le dégraissage industriel relève d’entreprises équipées et formées, avec parfois délivrance d’un certificat (hottes, conduits).

En bref

  • On identifie d’abord la nature du gras (huile de coupe, lubrifiant, graisse animale, suie cuite) : la méthode et le produit en dépendent.
  • Voie chimique (dégraissant alcalin), vapeur, très haute pression et cryogénie sont complémentaires selon le support et l’accès.
  • Les effluents de dégraissage sont chargés : ils passent par un séparateur ou un prétraitement, jamais au réseau directement.
  • Sur les hottes et conduits de cuisine, le dégraissage est une exigence de sécurité incendie, avec certificat.

Reconnaître le besoin

Le gras industriel s’accumule au sol (fuites, brouillard d’huile qui retombe), sur les bâtis et les structures, dans les gaines et sur les luminaires, et sous forme de suie cuite près des zones chaudes et dans les extractions de cuisine. Un sol gras est glissant et dangereux ; une gaine grasse perd en débit et présente un risque d’incendie.

La nature du dépôt oriente la méthode : une huile fluide se dégraisse chimiquement ; une graisse épaisse ou cuite demande de la vapeur, de la très haute pression ou un décapage ; un dépôt sur électronique ou sur un support sans eau possible relève de la cryogénie.

La méthode, dans l’ordre

Durée type Une demi-journée à plusieurs jours selon la surface et le niveau d’encrassement.

Matériel à réunir

  • Pulvérisateurs et centrales à mousse
  • Nettoyeur vapeur et nettoyeur très haute pression
  • Matériel de cryogénie (prestation)
  • Aspirateurs à liquides, cuve de récupération des effluents
  • Nacelle, EPI, matériel de consignation
  1. 01

    Diagnostic

    Nature du gras, support, accessibilité, contraintes (eau interdite, espace confiné, hauteur, ATEX, agroalimentaire). Choix de la ou des méthodes.

  2. 02

    Préparation et sécurité

    Consignation des équipements, balisage, protection de l’électricité, EPI, permis de travail (hauteur, confiné, points chauds), mise en place de la récupération des effluents.

  3. 03

    Pré-nettoyage

    Retrait mécanique du plus gros (grattage, aspiration des dépôts meubles, absorbants sur les flaques).

  4. 04

    Dégraissage

    Voie chimique : dégraissant alcalin pulvérisé ou appliqué, temps d’action, action mécanique, rinçage. Vapeur : sur interstices et zones fragiles. Très haute pression : sur béton et structures très encrassés. Cryogénie : électronique, moules, agroalimentaire.

  5. 05

    Gestion des effluents

    Collecte des eaux grasses, passage par séparateur ou cuve tampon, enlèvement par un prestataire agréé avec bordereau de suivi.

  6. 06

    Contrôle et remise en état

    Vérification de la propreté et de l’adhérence des sols, séchage, regraissage des points de lubrification, déconsignation, essai.

Produits et matériel

Ce qui convient

  • Dégraissant alcalin industriel (concentration selon l’encrassement)
  • Dégraissant biosourcé / solvant végétal pour les zones sensibles
  • Dégraissant contact alimentaire pour l’agroalimentaire
  • Absorbants minéraux pour les épandages

À éviter

  • Les solvants chlorés et inflammables mal maîtrisés
  • Le rejet des eaux grasses hors séparateur ou prétraitement
  • La très haute pression sur béton fragile ou peinture à conserver
  • Le dégraissage de graisses cuites de hotte sans procédure incendie

Erreurs fréquentes

  • Choisir un dégraissant unique pour tout : une huile fluide et une suie cuite ne se traitent pas pareil.
  • Négliger la récupération des effluents : pollution du réseau et non-conformité.
  • Sous-estimer le risque incendie des graisses cuites lors d’un dégraissage de conduit (points chauds, étincelles).

Précautions

  • EPI adaptés aux produits (gants, lunettes, protection respiratoire) ; ventilation.
  • Consignation, permis de travail, procédures espace confiné et hauteur.
  • Sol rendu très glissant pendant l’opération : balisage et rinçage soigné.

Ce qui fait varier le coût

Aucun tarif n’est indiqué : il dépend trop de la situation. Voici les facteurs qui pèsent sur un devis.

  • La surface, la nature et l’épaisseur du dépôt, l’accessibilité.
  • La méthode retenue (chimique, vapeur, THP, cryogénie) et la combinaison de plusieurs.
  • Le traitement et l’enlèvement des effluents et déchets gras.

Cadre réglementaire

  • Les effluents de dégraissage sont des déchets ou des rejets réglementés : prétraitement, séparateur, enlèvement par filière agréée avec traçabilité.
  • Le dégraissage des hottes et conduits d’extraction de cuisine est une exigence de sécurité incendie et d’assurance, avec délivrance d’un certificat.
  • Interventions en hauteur, en espace confiné et en zone ATEX : autorisations et procédures spécifiques.

Quand faire appel à un professionnel

  • Tout dégraissage lourd sur sol, structure, hotte ou conduit.
  • Zones exigeant vapeur, très haute pression ou cryogénie.
  • Sites avec contraintes de rejet d’effluents et d’immobilisation de production.

Ne pas confondre

Repères de vocabulaire

Dégraissant alcalin
Produit à pH élevé qui saponifie et décolle les corps gras ; efficace sur les huiles minérales et les graisses, à rincer et compatible avec le support.
Séparateur d’hydrocarbures / de graisses
Ouvrage qui retient huiles et graisses des effluents avant rejet ; il doit être dimensionné, entretenu et vidangé.
Graisse cuite
Dépôt polymérisé par la chaleur (zones chaudes, conduits d’extraction), dur et adhérent, qui demande vapeur, décapage ou très haute pression et présente un risque incendie.

Questions fréquentes

Quelle méthode de dégraissage choisir ?

Cela dépend du gras et du support. Une huile fluide au sol ou sur un bâti se traite par voie chimique (dégraissant alcalin, action mécanique, rinçage). Une graisse épaisse ou cuite demande de la vapeur, de la très haute pression ou un décapage. Sur électronique, moules ou en agroalimentaire sans eau possible, la cryogénie est adaptée. Souvent, on combine plusieurs méthodes.

Où vont les eaux de dégraissage ?

Elles sont chargées d’huiles et de tensioactifs et ne doivent pas rejoindre le réseau telles quelles. Elles sont collectées, passent par un séparateur ou une cuve tampon, et sont enlevées par un prestataire agréé avec un bordereau de suivi des déchets. Le site doit disposer des équipements et autorisations correspondants.

Pourquoi les graisses cuites sont-elles un risque incendie ?

En polymérisant sous l’effet de la chaleur, elles forment un dépôt dur et combustible qui tapisse les zones chaudes et les conduits d’extraction. Une étincelle ou un point chaud peut l’enflammer, et le feu se propage dans le conduit. C’est pourquoi le dégraissage des hottes et conduits est réglementé et donne lieu à un certificat.

Le dégraissage abîme-t-il les sols ?

Un dégraissant alcalin bien choisi et rincé ne dégrade pas un béton sain ou une résine. Les risques viennent d’un produit trop agressif, d’un rinçage insuffisant, ou de la très haute pression sur un béton fragile ou une peinture à conserver. On teste et on adapte la pression et la concentration au support.

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